On arpente.

Depuis le résultat négatif de la dernière FIV, Glhope et moi on se repenche  tout naturellement sur notre projet d’adoption mais celà se fait progressivement.

Je crois que celà renforce la colère envers notre parcours AMP, l’impression de perdre son temps, son énergie avec les FIV. On aimerait presque être libéré de tout ça pour pouvoir vivre sereinement cet autre chemin.

Il y a un côté très culpabilisant d’arpenter ces chemins simultanément… Lors du dernier essai FIV, nous nous étions complètement fermés à propos de ce projet. C’était notre façon de croire en nos chances pmesques, notre façon d’espérer, de penser qu’on ne faisait pas tout ça pour rien, de ce dire : et puis après tout pourquoi pas nous ?cette colère commençait d’ailleurs à émerger, certains y arrivent, les FIV ça marchent pour beaucoup, alors M%rde et nous ? L’adoption on verra après.

Après l’échec, l’adoption est un réconfort (confort?), un pourcentage tellement plus important arrive à constituer leur famille ainsi… Mais aussi donc, très culpabilisant : si j’étais vraiment à 100% pour l’adoption, pourquoi je n’arrête pas tout de suite l’AMP ? Pourquoi je m’acharne ? Pourquoi je me torture ?

C’est difficile car je ne veux pas que nos enfants résument tout ça en : c’était votre solution de secours, c’est tout !

J’aimerai affirmer que non, mais je n’ai pas la chance, le « luxe » de choisir…nous nous battons, nous cherchons le chemin, et notre famille sera au bout de l’un d’eux… Je suis persuadée que quelque soit la manière avec laquelle nous arriverons à les respirer, elle paraîtra évidente, ce sera notre histoire, et c’était vers eux qu’elle était dirigée, eux ! « Ça ne pouvait pas être autrement ! »

Mais à ce jour ce n’est pas si simple ! On n’arrive pas à lâcher, car je suis persuadée que je me sentirai rassurée (apaisée ?) d’avoir tout essayer, de ne pas avoir de regrets… Qu’il est difficile de tirer un trait sur tout ce qu’on a imaginé depuis si longtemps, de se qu’on prenait comme une certitude, une évidence…toute simple….mes enfants je les sentirai en moi, ils me ressembleront, leur père n’aura pas peur de ne pas arriver à constituer un lien avec eux, moi aussi d’ailleurs….comme Glhope dit « Et si nous avions du mal à nous trouver ? » oui et si ? …Cette question ne devait pas se poser non, ce n’était pas prévu dans mes rêves d’adolescente…

J’ai toujours dit que le terme « re-produire » n’était pour moi pas un hasard, je sais que j’ai toujours vu dans mes futurs enfants une manière de me « refaire » une seconde fois. Loin de moi l’idée d’en faire des mini-moi, de leur faire vivre mes rêves, ou je ne sais quoi…non ! Mais c’était une manière de rattraper des événements douloureux vécus dans l’enfance, leur faire connaître des parents stables et un environnement protecteur…

Une façon de réparer.

En passant par l’adoption, ces enfants me ressembleront sur ce point là c’est sûr, mais c’est ce bout de moi que je voulais réparer, consoler…il n’y sera pas.

Mais pour finir, UNE certitude : si nous avons des enfants un jour, nous les aimerons plus que tout! C’est déjà pas mal! 🙂

Beaucoup de blog sont ou adoption ou amp, (quoique certains commencent à en parler) comme si il y avait un fossé entre les deux, mais ce n’est pas si simple, j’ai besoin d’exprimer cette phase, ces interrogations, ces peurs…

Nous avons tous plusieurs facettes

Insectarium (29)blog

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25 réflexions sur “On arpente.

  1. C’est un travail de deuil à accomplir, avec la phase ultime: l’acceptation… Ce qu’il faut retenir, c’est que ces enfants seront chanceux d’avoir des parents si aimants (et qu’est-ce qu’on les aime d’avance, pour galérer autant…).
    Je suis assez d’accord avec toi concernant les blogs. Peu évoquent à la fois la pma et l’adoption et c’est bien dommage !!

    • oui je suis d’accord avec toi, j’ai accepté que ma famille ne sera pas ce que je visualisais, j’ai accepté que je ne pouvais pas contrôler tout ça, mais pour accepter le non succès de la pma il faut y être, c’est ce qui est dur, on ne peut pas accepter ce qui n’est pas encore arrivé, et ce que je voulais exprimer c’est que malgré cette colère j’ai hâte je crois.
      oui j’ai bien sûr oublié de le rajouter : on les aime déjà , ceux qui en doute n’ont rien compris! 😉

      • Je comprends cette envie de pouvoir passer à autre chose, se plonger corps et âmes dans ce nouveau projet, sans se poser la question du « Mais peut-être que ce n’est pas tout à fait terminé? « . Je te souhaite de vite être fixée.

  2. Je te comprend tout à fait. Mon mari reste buté sur les FIV, il est persuadé que ça va marcher (comme on obtient des brybrys…). Mais j’aimerai ouvrir mon esprit vers l’adoption, commencer à m’y faire. Comme toi, je me dis que c’est horrible de se dire que l’adoption est une solution de secours, mais en même temps, pour moi, cela en sera une. Après je pense qu’il faut dépasser ce stade, comme dit Julys, ces enfants auront la chance d’avoir des parents aimants, qui les ont attendu, et nous nous serons chanceuses d’avoir malgré tout une famille, même si au départ ni l’un ni l’autre ne pensions que cela se ferait insi

    • Tu sais on a mis du temps à s’ouvrir réellement à l’adoption. L’étape clé a été pour nous, l’acceptation, le deuil de notre contrôle sur notre futur famille et donc de tout ce qu’on avait imaginé. Nous nous sommes ouverts à ces multiples futurs! Il faut prendre son temps, nous avons attendu d’être en accord avec cette option avant de nous lancer, ça a pris du temps.

      • Oui c’est certain. Nous n’en sommes pas encore là. Je commence à accepter afin de m’enlever de la pression lors des fiv, je me dis qu’avec PMA ou sans, nous serons parents. Mon mari n’est pas prêt. On verra cela dans une bonne année, ou quand on arrivera à la FIV 4, si on n’a pas eu de + jusque là 😉

  3. D’où qu’ils viennent, ils sont déjà là, pas encore physiquement, mais dans ton coeur depuis bien longtemps.
    Quant à la « réparation », si tu savais comme cela me parle… au point où le désir d’adopter mon enfant est venu bien avant le désir d' »oser » le porter (soit auj’, avec la PMA, d’essayer de le concevoir et le porter)… J’espère que vos projets réussiront tout deux, je l’espère. Et j’imagine au combien cela est difficile de ne savoir comment investir celui de l’adoption, qui n’est pas la même démarche avec ou non réussite du parcours pma. Mener ces deux parcours vers un seul et même projet, celui rencontrer ton enfant, c’est vraiment pas simple. Tu l’as très bien décrit. J’espère que de la force vous donnera la patience.
    Bises

    • Oui on a envie de s’investir à fond….mais c’est d’être réaliste que de ne pas le faire, du moins pas totalement. La pma devient un poids…mais nous devons allez jusqu’au bout pour avoir la réponse est-ce que l’amp marchera pour nous? ce serait trop dur de la laisser en suspend.
      Des bises bounty!

  4. Tu fais bien de partager ça avec nous MERCI! Tu sais lors de la réunion d’information et de mes lectures, j’ai lu quelque chose qui a fait écho chez moi. Il peut paraître égoïste de vouloir des enfants biologiques, mais il est tout aussi égoïste de vouloir des enfants adoptés et c’est justement ce sentiment (parmi d’autres) qui rassurera vos enfants. Vous les vouliez eux, même si c’est le loto de la vie qui vous les a apporté… car quand tu y penses le hasard de la génétique est presque identique au hasard de l’adoption (forme et couleur 😉 ). De plus, pour parler de la scission PMA/Adoption, elle est pas si absente que ça, je pense que les gens en parlent peut être moins car ils veulent rester discrets sur le principe (ou qu’ils ont menti pour l’agrément), mais combien de parents abandonnent leur projet d’adoption car Mme est tombée enceinte « naturellement »? Et ils ne volent la place de personne, ils permettent juste à ceux de derrière d’avancer plus vite quand ils quittent les listes d’attente.
    Et puis moi je dis toujours, faut être réaliste : l’adoption ça se compte en année, la PMA vous comptait vos jours, au pire vos mois… puis au final vous « attendrez » 9 mois. On est très loin de la temporalité de l’adoption… même si parfois ça prend des années, j’en ai bien conscience….donc l’un n’empêche pas l’autre. Mais quoiqu’il en soit, être « en paix » avec son projet d’adoption sera la garantie d’un grand succès. Mal gérer le timing, l’arrivée des enfants bio/adoptés, mal se préparer psychologiquement comme d’autres en ont déjà souffert, est la pire des choses que vous puissiez faire à vos petits bouts. Aller, force et Honneur petit scarabée 🙂 bises

    • 3%… C’est le taux de couples qui obtiennent une grossesse pendant ou après l’adoption. C’est vrai que les 2 démarches ne sont pas incompatibles. Par contre, concernant la pma, la plupart d’entre nous ne compte pas en jours ou en mois, mais bien en années d’espoir. Et pour attendre 9 mois, faudrait-il encore que pma = grossesse assurée, ce qui est loin d’être la règle établie par dame nature… Finalement, celles qui ont la chance de compter en jours ou en mois en pma, pour attendre leur 9 mois, c’est une large minorité. 😉

      • Merci pour ce chiffre July. Maintenant Flhope tu sais que tu pourrais faire partie des statistiques si ça t’arrivait…. FONCE ! 🙂

      • Nous avons discuté de la possibilité de reprendre la pilule quand on est vers l’apparentement, au vu de l’infertilité et non de la stérilité, je crois bien qu’on le fera.On y est pas encore. Mais que ce doit être dur, déstabilisant de tomber enceinte alors que tu te projettes vers un petit bout lui aussi bien réel.

    • Nous sommes en paix avec nos projets. c’set par contre difficile de se projeter dans tous les sens, car même si le miracle amp arrive pour nous, notre projet d’adoption sera toujours là mais modifié. On aimerait un peu plus de stabilité sur nos projections, c’est fatiguant tout ça.

      • C’est sur, c’est fatiguant, t’as pas idée comme j’aurai besoin de quelqu’un dans ma vie pour me dire où aller exactement et quoi faire pour atteindre mes objectifs… mais malheureusement, il n’y a jamais personne pour nous prédire l’avenir…. courage, courage. Et puis on est là aussi pour croire en tes projets quand tu auras un coup de mou… 🙂 Allez une petit cure de kiwi, et ça repart. bises

  5. Tu sais, j’y pense très souvent. Mon mari lui dit qu’il n’est pas prêt.
    Je ne le vois pas comme une solution de secours même si, comme toi, je pense que nous terminerons un parcours PMA avant de réellement envisager cette façon d’avoir des enfants.
    Tu sais Flhope, je ne crois pas non plus que ça soit juste un « plan B ». Il faut du temps pour envisager cette autre manière d’être parent, une manière peut être moins évidente, du moins pour moi.
    Parfois je l’envisage sérieusement, entre autre parce que je trouve le chemin de l’adoption très long mais finalement, moins angoissant, moins pesant au quotidien.
    J’ai dit à mon mari que je voulais poursuivre en FIV mais que la perspective d’enchainer les FC me fait très peur, que parfois je songe sérieusement a arrêter et à nous lancer dans un parcours d’adoption et comme toi, je me dis que mon ambivalence est peut être suspecte… Mais je ne crois pas. Même si un enfant nous est donné cette fois, je ne sais pas si j’aurais le désir de recommencer médicalement une deuxième fois. Alors j’y songe même à terme…
    Ca me fait plaisir de te lire parler de l’adoption alors que ça semble parfois presque tabou sur les blogs PMA.
    Je te souhaite un beau chemin… quel qu’il soit…

    • Je pense réellement que c’est un plan B (sauf pour ceux qui sont bien fertile et sans problèmes spécifiques pendant la grossesse et accouchement), mais c’est ainsi, je suis en fin de compte assez à l’aise avec ça, mais j’espère juste pouvoir l’expliquer à mes enfants, pouvoir mettre des mots, pouvoir leur expliquer que je les aime c’est tout. Leur dire que la vie est faite de rencontre, de hasard.
      Courage à vous.

  6. Moi aussi je fais FIV et adoption au meme temps. C’est d’ailleur pour ca que j’ai commencé a suivre ton blog recemment. C’est pas evident, eh? Je me suis pose’ aussi la question »pourquoi continuer avec les FIV? ». Une reponse, pour moi c’est aussi l’attente si longue qui impose l’adoption. J’ai bien compri’ que un enfant toute de suite ne sera pas partie de ma vie. Mais l’AMP me laisse encore une minuscule espoire d’etre mere dans 2-3 ans, alors que l’adoption c’est plutot 5-6 ans. Et j’arrive pas a juste attendre cet enfant adopté, je veux tout esseyer et je vais donc continuer mes FIV. Meme si honettement entre les RDV adoption et gyneco je suis bien crevée! Bon courage a vous!

    • Oui c’est ce que je disais à Glhope lors de la dernière tentative : « ça serait si simple!tellement plus simple!! » et le bonus du génétique en plus.
      oui j’ai de la « chance » l’aventure pma est bientôt finie pour nous, je serais fixée, enfin je serais dans cet avenir qui me fait tant poser de question.
      Courage miss!

  7. Je suis exactement dans le même doute/état que toi actuellement. Je vais faire ma 4ème tentative de FIV au printemps.
    Je me dis sans cesse : « pourquoi celle-ci fonctionnerait alors que les autres n’ont rien donné ? »
    Cela fait quelques mois qu’on pense à l’adoption, depuis qu’on enchaine les échecs et les déceptions.
    Nous allons commencer par faire le courrier de demande d’agrément… Je sais que c’est vraiment très long le parcours de l’adoption, j’ai envie d’avoir un bébé mais je n’ai pas/plus envie d’attendre. Malheureusement je ne vois pas d’autres « solutions ».
    Le fait de penser à l’adoption me permet de garder espoir et de conserver un peu de joie de vivre. Je me dis que même si FIV 4 ne marche pas, on parviendra quand même à réaliser notre rêve et à fonder une famille.
    Je n’ai pas encore totalement fait le deuil de la grossesse, je pense que ça viendra avec le temps et quand je saurai que l’AMP ne peut plus rien pour moi/nous.
    Ce qui me fait énormément peur aussi, ce sont les délais… Attendre 4 ou 5 ans, voire plus, c’est tous juste insupportable. Tous les matins je me réveille avec cette idée de bébé/enfant/famille dans la tête. Je ne sais vraiment pas si je vais réussir à vivre comme ça pendant encore toutes ces années.
    Ce que je sais, c’est que enfant biologique ou adopté, on l’aime déjà de tout notre cœur.

  8. Tiens, c’est marrant on pense la même chose vis-à-vis de l’enfance toussa toussa. J’aimerais que mes enfants ne ressentent jamais les sentiments violents que j’ai ressentis enfant. C’est bien parti, heureusement. En ce qui concerne l’amour que vous leur apporterez, c’est évident qu’il sera plus fort que tout, et aura une saveur toute particulière de belle victoire.

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