Fin de ce monde.

Je me sens extérieure à tout ce qu’il se passe. Cette suite de transfert est vraiment très différente des autres, très! Je ne me cherche pas de symptômes, de signes…j’avance. J’attends l’étape ultime, LA PDS qui marquera le fossé, celle qui indiquera que le retour en arrière n’est plus possible, qui marquera le passage dans un nouveau monde.

Alors oui je suis à l’aise avec tout ce qui va suivre. L’adoption pour nous est une chance, c’est une autre aventure, nous la poursuivons avec envie, nous sommes très impliqués dans ce parcours. Un jour, respirant mon enfant au creux de son cou, je sais que je serai très heureuse de toutes les étapes qui auront contribué à m’amener cet enfant, à m’apporter mon enfant dans mes bras.

Mais aujourd’hui il n’est pas question de ça, aujourd’hui j’ai envie que l’on m’entende. Malgré la suite, malgré le bonheur qui nous arrivera sans doute dans les bras dans un bout de temps (gros bout…), eh bien malgré tout, c’est dur! Certains diraient peut-être que je veux me faire plaindre, que je me victimise, ils auraient peut-être (sans doute) raison! Mais j’ai besoin de vous le dire.

J’ai fait le deuil du contrôle, depuis que j’ai compris que le « bébé-couette » n’était pas possible.

J’ai fait le deuil de la famille dont je rêvais depuis que j’ai rencontré Glhope, quand j’ai vu le temps défiler et donc les années avancées.

J’ai déjà fais le deuil du négatif qui va sans doute pointer son nez très vite, car oui je suis désormais habituée aux échecs.

Mais le deuil de la fin de l’A.M.P.? de la possible réussite pmesque, d’une grossesse, d’un accouchement…?

Être du côté des stats foireuses d’A.M.P., être nullipare à vie, entendre tout ces « quand j’ai accouché… », « quand j’étais enceinte », « tu sais j’ai vécu 2 accouchements…alors!…. »… et se sentir si…différente, si….faible, inférieur presque anormal…

C’est quelque chose cette étape! Je vais vous quitter…je serais toujours moi, ce parcours sera toujours en moi mais moi je ne serai plus avec vous. J’ai fait le tour de ce monde et je m’en vais. Je me sens déjà un peu seule depuis un moment, et là ça y est, le départ, c’est pour bientôt, très bientôt. Alors bien sûr on continuera à communiquer, à se soutenir aussi sans doute mais je serai loin, et vous aussi…

Je veux passer les étapes de ce deuil avec brio, je sais que j’y arriverai, mais la 1ère arrive bientôt…j’appréhende.

Qui dit deuil, dit mort….je crois que j’ai peur.

frayeurb